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Jeff Nichols réalisera un nouveau volet de la saga Sans un bruit

Si Sans un bruit 2 de John Krasinski n’est toujours pas sorti en salle (le film est prévu pour avril 2021), la Paramount ne se prive déjà pas d’évoquer un troisième opus. Selon The Hollywood Reporter, c’est Jeff Nichols (Shotgun Stories, Take Shelter, Mud, Mindnight Special, Loving) qui a été sollicité pour écrire et réaliser le film. Fort de son dispositif, Sans un bruit détonnait par rapport au gros de la production horrifique « mainstream » grâce à sa quasi-absence de dialogues. Ce premier opus, qui a été un véritable succès (340 millions de dollars de recettes, pour un budget de 17 millions…), narrait l’histoire d’une famille essayant de survivre dans un monde post-apocalyptique, où des monstres à l’ouïe ultra-sensible chassaient les humains. Le second volet de la saga se concentrera de nouveau sur la famille Abbot, qui devra continuer à survivre et à s’aventurer en terrain inconnu, où elle réalisera que les créatures qui attaquent au moindre bruit ne sont pas la seule menace que ses membres doivent craindre.

Sans un bruit (2018), réalisé par John Krasinski

Dans un entretien accordé à Cinémateaser (n°75, juin 2018), John Krasinski avouait déjà son admiration, pour Jeff Nichols, qui l’inspire profondément. Il faut dire qu’en tant que maître de la peur intime, des tourments familiaux et de l’anticipation stellaire, Nichols constitue un choix censé pour ce genre de projet. Mais voir un cinéaste aussi talentueux se diriger vers une machine commerciale qui fondamentalement ne nous intéresse pas plus que ça, a de quoi nous effrayer un peu.

Cependant, ne cachons pas aussi l’espoir que cela représente. Après la suspension d’Alien Nation, son projet de remake du film Futur immédiat, Los Angeles 1991 (1988) réalisé par Graham Baker, Sans un bruit 3 pourrait être un ticket d’entrée pour Jeff Nichols afin de concrétiser à l’avenir des projets plus personnels. On espère néanmoins retrouver dans cette commande ce qui fait la veine de son cinéma de l’intime. Dans Take Shelter, le cinéaste se faisait le maître d’une apocalypse silencieuse et douloureuse, où l’économie visuelle présentait la fin du monde non pas comme une débâcle apocalyptique exubérante, mais comme un événement intime et intérieur. On a le sentiment que le cinéaste essaie de mettre en évidence un cinéma de l’intériorité, exprimée par les seuls ressorts de l’image. Nous pourrions dire qu’il oeuvre à une « plasticité de l’intime », qui bouleverse d’autant plus que chaque personnage semble lutter toujours davantage contre un possible naufrage du monde, extérieur comme intérieur. Un éloge de la sensibilité qu’on désire voir plus souvent au cinéma.

Take Shelter (2011), réalisé par Jeff Nichols

Si Sans un bruit 3 doit sortir en 2022, nous n’avons pas d’information sur ce qu’il racontera. The Hollywood Reporter suggère néanmoins la possibilité d’un spin-off plutôt que d’une véritable suite. Même si nous ne savons pas non plus si le personnage de la mère survie dans le deuxième volet, il serait intéressant d’imaginer Nichols filmer ce personnage féminin, là où les figures paternelles inondaient son cinéma. Affaire à suivre.

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