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Critique – Bob l’éponge – le film : éponge en eaux troubles (Tim Hill, 2020)

Bob l’éponge revient dans un troisième long-métrage, et c’est cette fois sur Netflix, avec Bob l’éponge – le film : éponge en eaux troubles, réalisé par Tim Hill. Ce dernier avait déjà travaillé sur plusieurs épisodes du dessin animé, ainsi que sur les jeux vidéo de ce petit héros atypique. Dans ce troisième opus, Gary, l’escargot de compagnie de Bob, est kidnappé. Bob et Patrick partent à sa recherche, prêts à tout pour récupérer leur cher ami. Cette aventure leur apprendra le courage et leur rappellera la force de l’amitié.

Le premier film Bob l’éponge, sobrement intitulé Bob l’éponge – le film, était réalisé par le regretté Stephen Hillenburg en 2004, et présentait un univers naïf avec une petite dose d’absurde et des situations cocasses fidèles à l’esprit du dessin animé, s’adressant autant aux petits qu’aux grands. Le deuxième opus, Bob l’éponge – le film : un héros sort de l’eau, réalisé par Paul Tibbitt en 2015, jouait cette fois grandement sur le côté absurde, avec des situations comiques principalement fondées sur le non-sens. Bob l’éponge – le film : éponge en eaux troubles se veut à mi-chemin entre ces deux univers complémentaires, qui font tout le charme de la série qui plaît à tous les âges, voire même davantage aux adultes qu’aux enfants. Le scénario de ce dernier opus avait tout pour plaire : il délivre un propos relativement « mignon » et bienveillant qui s’adresse aux plus petits, et les blagues absurdes ou référencées sont conçues pour les parents. Mais le tout ne fonctionne pas pour autant et l’éponge finit par s’engluer.

Au-delà de la synthèse des deux univers de ces prédécesseurs, ce qui n’est en soit pas une mauvaise idée, Eponge en eaux troubles a le malheur d’en répéter les blagues. Celles qui font mouche ont déjà été vues dans le premier ou le deuxième opus. À ce cruel manque d’originalité, s’ajoute une fâcheuse tendance à étirer les gags. Les situations sont interminables, l’adage « les blagues les plus courtes sont les meilleures » n’étant sans doute pas celui des scénaristes. On comprend, dès la première demi-heure, que le reste du film va être très long. Le premier film Bob l’éponge comportait un caméo absolument désopilant de David Hasselhoff qui se transformait en fusée pour accompagner le héros dans la finalité de sa quête. On trouve, dans Eponge en eaux troubles, un autre caméo dont l’idée ne peut que faire sourire, puisqu’attribuer à Keanu Reeves le rôle d’un buisson spirituel ne semblait pas possible ailleurs que dans un film de la franchise. Le génie de ce concept est finalement vite occulté par la troisième apparition du personnage, qui devient alors imbuvable. Il n’y a également guère d’inventivité visuelle à mettre sous la dent du spectateur. Les deux premiers Bob l’éponge proposaient divers mélanges de prises de vues pour créer un phénomène de décalage comique encore une fois propre à la série. Les pirates étaient représentés, dans le premier film, en prise de vue réelle, à travers une scène aux allures méta tout à fait exquise, la petite troupe se rendant au cinéma pour voir le film que nosu étions en train de voir. Mais il n’y a guère de mélange, guère de pirates dans cette nouvelle œuvre, seulement du réchauffé qui ne donne, à force, même plus la sensation de regarder la fameuse franchise.

Il convient à présent d’aborder la question des enjeux scénaristiques, puisque si un adulte peut se satisfaire de successions de scénettes sans aucun sens, un enfant (premier public visé par le film) a davantage besoin d’un fil conducteur avec un message, une philosophie, voire une morale finale. Mais là encore, Bob l’éponge – le film : éponge en eaux troubles, stagne dans la vase. Le récit reprend exactement les mêmes enjeux et les mêmes fils conducteurs que ses prédécesseurs. La morale (« l’amitié est une force insoupçonnée ») est, quant à elle, si surlignée qu’elle fait office de remplissage dans une énième scène beaucoup trop longue.

On ne tirera finalement pas grand-chose de cette dernière aventure de Bob l’éponge, si ce n’est le regret de ne pas avoir découvert une nouvelle approche cocasse du personnage. S’il fait sourire dans un premier temps, le film dévoile bien trop rapidement ses ficelles, et perd tout effet de surprise, ne provoquant à la place que de la lassitude. L’éponge navigue effectivement en eaux troubles.

Sorti le 5 novembre 2020 sur Netflix, réalisé par Tim Hill, avec Tom Kenny, Bill Fagerbakke, Clancy Brown.

Note : 1.5 sur 5.

Par Manon Franken

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